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Dimanche 14 juillet rime avec Fête Nationale et fin de nos péripéties dans le parc national du Terelj en Mongolie.

Nous sommes bien contents de retrouver notre auberge UB Guesthouse à Oulan Bator pour une bonne douche ainsi qu’une grosse lessive de nos affaires qui ont changé de couleur ces derniers jours. La journée sera consacrée à la farniente et mise à jour du blog. Nous irons déjeuner avec un breton rencontré à l’auberge puis nous passerons la soirée avec notre ami Romain que nous retrouvons en compagnie de deux amis à lui.

Lundi 15 juillet, il est grand temps de se préoccuper de la Chine et comment entrer dans le pays. En effet, c’est aujourd’hui que nous devons récupérer nos passeports à l’ambassade et acheter nos billets de train pour rejoindre l’Empire du milieu. Nous passerons donc une journée bien speed puisque l’achat des billets se révèlera beaucoup plus compliqué que prévu. Nous voulions acheter un billet de train direct d’Oulan Bator à Erlian (Erenhot) qui se situe à la frontière chinoise mais tous les trains sont complets jusqu’à jeudi. Nous décidons donc d’acheter un billet de train d’Oulan Bator à Zamiin Uud qui se situe à la frontière mongole.

L’achat de ce billet fut une véritable épreuve ! Nous nous sommes faits trimbaler de caisse en caisse pour au final s’entendre dire qu’il fallait revenir le mardi matin à 6h pour espérer avoir un billet, qu’ils n’en vendaient pas aujourd’hui mais que demain matin ça sera, a priori, possible ! Il a aussi fallu composer avec les Mongoles pour qui le concept de file d’attente est tout relatif… Nous avons passé beaucoup plus de temps que prévu pour essayer d’acheter notre billet de train ce qui fait que nous avons du faire extrêmement vite pour rejoindre dans les temps l’ambassade de Chine qui se situe à l’autre bout de la ville pour récupérer nos passeports. Un vrai sport !

Nous arrivons finalement vers 16h40 à l’ambassade (qui n’est ouverte que de 16h à 17h pour récupérer son visa) et après une (nouvelle) heure d’attente nous pouvons enfin récupérer nos précieux sésames.

Mardi 16 juillet, 50ème jour de voyage ! Pour fêter ça nous nous levons donc à 5h du matin pour aller acheter nos billets… on bénira voyages-sncf.com au retour !

Après quelques nouvelles frayeurs, c’est bon, nous avons nos billets. Départ le jour même à 16h30 pour rejoindre la frontière mongole. Nous serons dans les temps pour accueillir Romain, ancien collègue de Romain, qui nous rejoint pour 15 jours en Chine.

C’est donc parti pour environ 15 heures de train puisque nous arrivons vers 7h du matin à Zamiin Uud, ville mongole collée à la frontière chinoise. N’ayant pu réserver des couchettes il était prévu qu’on voyage en « siège dur » mais la chance sera avec nous puisque nous pourrons finalement nous allonger pour un peu de repos bien mérité avant le passage de la frontière qui s’annonce épique ! Accessoirement, nous aurons également payé moins cher (16 300 Tugriks/personne au lieu de 27 000)

Comme à notre habitude, dans le train, on aime bien manger !

Arrivés à 7h10 à Zamiin Uud nous n’avons pas de temps à perdre puisque nous devons franchir la frontière en jeep avant de reprendre un bus de l’autre côté qui nous emmènera à Pékin (où nous devons être le soir puisque nous avons réservé une auberge).

Dans le bazar général qu’est la place de la gare de bon matin nous arrivons à négocier une jeep avec un petit grand père qui nous fait le passage à 10 000 Tugriks chacun (soit environ 5 EUR).

Nous allons vite nous rendre compte que sa jeep (dans un état de délabrement assez avancé) prévue pour 5 personnes va vite contenir beaucoup plus de monde. Au plus fort de la tempête nous serons jusqu’à 13 personnes dedans ! Car passer la frontière se fait en plusieurs étapes. Il faut descendre, faire vérifier son passeport, remonter,… un vrai parcours du combattant où des dizaines de jeep et bus se font la guerre pour passer en premier. Pas de pitié !

A vrai dire nous nous en sortirons plutôt très bien puisque nous arriverons à Erlian (Erenhot), ville chinoise à côté de la frontière, vers 11h du matin après avoir été un peu entassé comme le montre cette photo prise à la volée :

Frontière chinoise :

Il faut s’imaginer que Jez était sur le levier de vitesse, Romain assis sur le rebord du coffre avec les fesses dehors… ça fera encore un sacré souvenir !

A noter qu’il faut également payer pour passer la frontière. 1000 Tugriks/personne côté mongole, 5 yuans côté chinois.

Une fois ici il ne nous reste plus qu’à prendre un bus pour rejoindre Pékin. Après avoir erré une heure dans la ville nous trouvons enfin la gare de bus et réservons notre billet pour un départ à 14h. Mais alors qu’on pensait en avoir pour 8 à 9 heures de trajet au moment de monter dans le bus on s’aperçoit que ce sont des couchettes à la place des sièges… on se dit qu’on va y passer la nuit ! En effet certains passagers nous informent que le trajet sera de 15 heures, d’autres ne savent pas trop… bref, le flou règne, on verra bien. Mais en attendant c’est plutôt confortable :

Finalement nous arriverons dans la banlieue de Pékin vers 1 heure du matin, soit 11 heures de trajet. Le problème est que nous sommes déposés au milieu de nulle part (entre le 3ème et 4ème « Ring ») le long d’une autoroute. A cette heure là et bien perdus, nous décidons de prendre le taxi qui nous emmènera directement à l’auberge contre 70 Yuans (un peu moins de 10 EUR).

Le lendemain matin, jeudi 18 juillet, est une date importante car nous recevons la visite de Romain qui va nous accompagner jusqu’au 4 août.

Après avoir pris nos quartiers à l’auberge Ming Courtyard, bonne auberge sympa un peu excentré au nord dans un hutong typique de Pékin :

Nous partons à l’assaut de la ville et de ses petites ruelles qui mettent nos estomacs en appétit. Romain, qui vient de nous rejoindre, déguste sa première galette « street food » :

Le climat es bien différent de la Mongolie. Nous sommes dans la brume, mélange de chaleur et de pollution, et la visite de la ville nous incite à prendre des pauses fréquentes dans des endroits climatisés :

Nous commençons les visites par les tours de la Cloche et du Tambour, situées dans la partie nord de la ville :

avec une vue plutôt bouchée sur la ville :

Nous continuons cette première journée par la visite des hutongs, dédales de petites rues où il est facile de perdre son chemin. Il en reste d’ailleurs de moins en moins dans le centre ville, la mairie essayant de les raser au fur et à mesure pour y construire de gros immeubles.

Et nous allons vite nous rendre compte que nous suscitons la curiosité parmi les chinois :

Chaque jour des jeunes, des étudiants viendront nous parler, essayer d’apprendre l’anglais avec nous, nous demander de poser sur les photos avec eux… en tout nous devons être sur des dizaines de photos ! Le côté occidental, le fait que nous soyons grands, barbus, différents d’eux en somme les intrigue au plus haut point.

Pékin :

et l’image de la France à l’étranger :

Vendredi, nous nous attaquons au gros morceau de la ville, la Cité Interdite ! La foule est dense, l’endroit grouille littéralement, mais nous arrivons à rentrer plutôt rapidement :

Nous allons passer plusieurs heures à arpenter cette « ville » qui fut autrefois interdite d’accès pendant plus de 500 ans. Ça a bien changé aujourd’hui !

C’est un ensemble de bâtiments, jardins et cours qui s’étendent sur 72 hectares. A l’intérieur nous pouvons trouver différents musées, des répliques d’intérieurs d’autrefois, des statues religieuses… Nous visitons donc le tout sous une chaleur écrasante en compagnie de milliers d’autres visiteurs.

A l’heure de la pause déjeuner, certains sont content de trouver la climatisation

Il y a notamment, à visiter, une partie sur différentes sortes d’horloges datant de plusieurs siècles :

Nous passerons la journée à marcher dans ces lieux chargés d’histoire. Plus d’un million d’ouvriers-esclaves ont travaillé pendant 14 ans pour construire cette cité.

Bien fatigués nous nous promènerons ensuite dans la ville où nous finirons la soirée sur la « terrasse » d’un petit restaurant de rue :

Ayant aperçus un joli parc au nord de la Cité Interdite la veille nous décidons d’aller le visiter en ce samedi matin. En fait ce parc qui contient une pagode au sommet d’une colline est le résultat de la terre excavée pour construire la Cité Interdite et ses douves. Le parc Jingshan est très agréable et les Pékinois aiment s’y rendre pour faire du tai-shi, danser, s’étirer et jouer à différents jeux.

Du sommet de la colline nous avons un bon point de vue sur la ville, surtout que ce matin nous avons de la chance, il n’y a pas de brouillard !

L’après midi nous nous dirigeons vers la fameuse place Tian’anmen, plus grande place publique au monde :

L’endroit est étroitement surveillé puisque pour accéder sur la place il faut passer au scanner et les chinois doivent présenter leur carte d’identité. Ici ça ne rigole pas ! D’ailleurs les passages au scanner sont systématiques dans le métro, les musées… nos passeports sont aussi enregistrés quand nous visiterons le musée national de la Chine, que voila :

Ce musée d’une grande richesse (et gratuit) retrace l’histoire de la Chine Ancienne à travers une vaste collection de pièces, peintures, sculptures… nous y passerons quelques heures.

On trouve également l’histoire du parti communiste du pays dans un style tout est beau, tout est parfait.

Une pièce est également consacrée aux cadeaux offerts par les autres pays à la Chine lors des rencontres diplomatiques ce qui prouve la grandeur, l’amour et le travail que fait la Chine pour promouvoir le respect des valeurs humaines et de paix dans le monde. Ce texte n’est pas de nous mais c’est ce qui est écrit dans le musée, chacun en pensera ce qu’il veut. D’ailleurs d’après notre guide touristique la Chine est le pays qui exécute le plus de personnes au monde. Jusqu’à 10 000 personnes par an, plus que tous les autres pays réunis !

Un des cadeaux de la France :

Nous continuons ensuite notre visite de la ville :

et de ses spécialités :

Romain ayant eu le courage d’acheter une brochette de verres à soie grillés nous testons donc ! Par contre pour les mygales et scorpions, il faudra repasser.

Dimanche, dernière journée pleine sur Pékin, nous visiterons 2 parcs. Le temple du ciel, le matin, et le palais d’été, l’après midi.

Parc du temple du Ciel :

Palais d’été :

Et ça grimpe dur !

Une nouvelle fois nous serons « pris à parti » par des jeunes qui veulent se prendre en photo avec nous !

Puis nous dînons dans un restaurant spécialisé dans le canard pékinois rôti :

Restaurant un peu haut de gamme pour nous mais l’addition est correcte (moins de 10 EUR/personne) malgré que le canard nous laissera un peu sur notre faim. Cette façon de le cuisiner n’est pas mauvaise mais un bon magret de canard sauce au poivre, c’est quand même autre chose !

Pékin est très animée la nuit :

Nous finirons la soirée au Café de la Poste, bar français au cœur de Pékin où nous pourrons boire des pastis à 1 euro le verre en compagnie de notre ami Romain (que nous avons rencontré en Mongolie et qui a fait le trek du Gobi avec nous) qui célèbre ici sa dernière soirée de « baroudeur » après avoir commencé son tour du monde il y a 11 mois.

Lundi 22 juillet sonne l’heure de quitter Pékin pour aller marcher sur la Grande Muraille de Chine. Nous avons choisi une formule un peu spéciale grâce à une française rencontrée à l’auberge qui nous a indiqué un contact qui nous permettra de faire une visite « privée » de la Grande Muraille. A priori on devrait être quasiment seuls sur le mur. Au final nous aurons eu une très bonne visite avec plusieurs heures de marche sur la muraille où nous serons seuls au monde, vraiment extra ! Par contre la formule comprenait des tarifs assez élevés (plus de 300 Yuans/personne) qu’il a fallu en plus négocier avec les chinois sur place. Pas évident mais ça valait le coup.

Nous avons donc pris un bus public de Pékin à Miyun, ville située à 60 km de la capitale. Puis ensuite un taxi est venu nous chercher pour nous conduire directement à l’auberge. Petite pension tenue par un couple qui essaiera de vous gratter le moindre centime mais l’emplacement est idéal. Perdu au milieu de nul part à quelques encablures de la muraille :

Nous sommes quasi seuls dans cette pension, puisque seulement 2 jeunes belges, ayant choisit la même formule, nous accompagnerons pendant ces 2 jours.

A peine arrivés nous allons à la découverte de la Muraille pour une ballade d’environ 2 heures. Nous explorons des portions qui sont fermées au public, c’est tout l’intérêt d’avoir choisi cette formule. L’endroit est grandiose, la muraille épouse les crêtes abruptes des collines. On se rend compte de la démesure du projet et de la folie d’avoir construit cette fortification il y a plus de 1 000 ans. Des centaines de milliers d’hommes, réduits à l’état d’esclaves, y ont laissé leur vie.

La muraille contient des portions très abruptes où il faut quasiment s’aider des mains pour monter. De plus la chaleur est suffocante ce qui fait que nous n’avons vraiment pas froid à escalader l’endroit.

Dodo à 21h30 sur notre lit de briques puisque le lendemain matin c’est réveil à 5h30 pour profiter de la muraille en toute discrétion. Malheureusement la brume est toujours là mais le spectacle s’annonce grandiose quand même. Nous allons marcher pendant environ 4 heures sur la muraille. Un taxi nous attendra a l’arrivée pour nous ramener vers Pékin. La première partie de la ballade est totalement déserte et ce n’est qu’après 2 heures de marche que nous croiserons un garde et les premiers touristes qui arrivent en contre sens par rapport à nous.

Certaines portions sont très raides et il fait très chaud malgré le brouillard !

Nous sommes privilégiés de pouvoir gravir ce monument de l’histoire en toute intimité sans des hordes de touristes. Les 2 jeunes belges qui nous accompagnent sont également ravis :

Jez n’en n’oublie pas ses collègues qui profitent du paysage sans trop se fatiguer !

Fatigués mais heureux

Le soleil se révélera au fur et à mesure ce qui ne gâchera rien à notre plaisir :

Puis nous regagnons Pékin en début d’après midi d’où notre train part vers 23 heures ce qui nous laisse encore quelques heures pour profiter de la capitale.

Romain en profitera pour visiter le temple de Confucius :

pendant que certains vaquent à leurs activités de calligraphie :

ou bien, plus paisible, de farniente :

Nous continuons notre visite dans le quartier du temple de Confucius :

avec, notamment, une rue qui recense pas mal de bars :

Nous en choisirons un où l’on peut surement compter une vingtaine de chats qui mangent, jouent avec les clients. Très sympa comme idée mais pour l’hygiène ça doit pas être tip-top tout de même.

Jez sort de la nourriture…et c’est le drame !

En parlant d’hygiène, la Chine et les chinois sont bien différents des cultures « occidentales ». Ici le concept d’intimité est tout relatif. Les toilettes n’ont des fois pas de porte. Ceux qui font la grosse commission sont donc en compagnie de leurs camarades, tout le monde partage tout ! Même quand il y a des portes dans les toilettes, bien souvent, nous les voyons faire leur petite affaire la porte ouverte^^ Les chinois ont aussi la manie de cracher partout et tout le temps. Il parait que c’est mauvais, d’après leur culture, de garder quelque chose en soi. Çà rote, pète, crache à tout bout de champ ! Ce panneau est donc plutôt bien choisi devant des toilettes publics

Puis nous finirons la journée en allant prendre notre train de nuit dans une belle cohue pour de nouvelles aventures !

 

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