Road trip à Salta

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28 février 2014, en ce jour qui marque nos 9 mois de voyage, nous passerons la journée dans le bus. Nous quittons San Pedro de Atacama pour nous rendre en Argentine, à Salta.

Nous voyageons avec Pullman avec qui nous avons acheté le billet moyennant 26 000 pesos chacun (env 34€). Nous partirons avec une heure de retard. Si le bus est confortable, la nourriture fournie est vraiment light. Mieux vaut prévoir quelques provisions supplémentaires vu la durée du trajet.

Nous arriverons à la frontière vers 13 heures. Seulement on y passera pas mal de temps car il y a plusieurs bus devant nous. La frontière se situe à plus de 4 000 mètres, l’altitude est d’ailleurs l’excuse utilisée par la compagnie de bus pour nous laisser mourir de faim, selon eux on est trop hauts pour manger, on vomirait tout !

A l’intérieur, l’originalité vient du fait que la sortie du Chili et l’entrée en Argentine se font dans le même bâtiment. Il faut juste faire 2 fois la queue.

Ce n’est qu’au bout de 2 heures que nous pourrons reprendre la route du côté argentin.

La région est réputée pour ses jolis paysages et ça se voit même à travers la vitre du bus :

Nous arriverons au final vers 21 heures 30 à la gare routière de Salta. Une petite heure plus tard, nous retrouvons Clara à l’auberge El Argentino où nous avons trouvé un lit en dortoir pour 65 pesos chacun. Nous irons dîner dans une pizzeria qui donne sur la place principale de la ville, la place du 9 juillet.

Le lendemain, nous partons donc à la découverte de cette charmante ville de 500 000 habitants. Nous sommes surpris de voir que les rues sont désertes alors que nous sommes samedi.

Mais c’est que nous sommes sortis à 15 heures, l’heure de la sieste !

L’après midi sera également consacré à la recherche d’une location de voiture. En effet, nous envisageons de louer une voiture pour 3-4 jours afin de visiter les environs de Salta. Nous ferons quelques agences et nous nous laissons un temps de réflexion.

Nous devons également changer de l’argent. En temps normal, nous retirons directement au distributeur, mais en Argentine ce n’est pas avantageux. Il existe en fait un taux de change parallèle, appelé « dollar bleu » qui est bien plus avantageux que le taux pratiqué dans les banques. En pratique, il faut arriver en Argentine muni d’euros ou de dollars et les échanger dans la rue auprès de personnes qui annoncent « cambio ».

Par exemple, si 1 euro vaut officiellement autour de 11 pesos, en changeant dans la rue, vous avez de bonnes chances d’obtenir 14 pesos pour 1 euro, le calcul est vite vu. Cela fonctionne pareil avec les dollars. Nous nous sommes donc procurés des billets verts aux USA et en Bolivie afin de pouvoir les changer ici. Nous n’avons que des billets de 20$ et nous aurons un taux un peu moins avantageux que pour les billets de 100$ (10,5 pesos pour 1$ au lieu de 11), mieux vaut donc arriver muni de « Ben Franklins ».

Si c’est un peu étrange de changer de l’argent en pleine rue et même sur la place principale en ce qui concerne Salta, ce n’est a priori pas risqué. Nous n’avons jamais eu d’entourloupe ni de faux billets.

Vers 18 heures 30, les rues sont bondées, le contraste est saisissant :

Il y a notamment d’énormes files d’attente devant les banques.

Nous décidons, une fois n’est pas coutume, de nous faire à manger (et à boire) à l’auberge :

Puis, en compagnie de Lise et David, 2 français rencontrés à l’auberge, nous décidons de sortir prendre un (ou quelques) verre(s) :

David fera même le show dans un petit bar de quartier où nous resterons jusqu’à l’aube !

Euh, il fait jour là, il va être temps de se coucher…

Dimanche en début d’après-midi, nous irons visiter le MAAM (Museo de Arqueología de Alta Montaña) dont l’attraction principale est l’exposition de momies d’enfants trouvées au sommet du mont Llullaillaco qui culmine à plus de 6 700 mètres. Pour le reste, il y a beaucoup d’explications sur la culture Inca et notamment sur les us et coutumes. Pour 40 pesos, c’est une visite plutôt intéressante. Les photos sont par contre interdites.

En sortant de là, nous rentrerons dans un joli bâtiment. Si nous ignorons ce que c’est, les photos vous permettrons de constater que c’est effectivement un joli bâtiment.

Le dîner sera sous le signe de saint Ronald, à qui Romain voue un culte sans limites.

Concernant la location de voiture, l’agence qui offrait les meilleurs tarifs n’avait pas de voiture disponible dès le lundi, nous resterons donc encore une journée à Salta. N’ayant pas grand chose d’autre de programmé, nous déciderons donc de manger et surtout de boire. On voit là l’influence négative de Clara :

Nous irons quand même un peu rôder dans les rues de Salta pour une promenade des plus plaisantes.

Puis, toujours avides de culture, nous décidons de nous rendre au musée Pajcha.

Le prix de l’entrée étant passé de 10 à 30 pesos, nous décidons finalement de ne pas faire la visite et d’investir nos deniers dans quelque chose de plus divertissant :

Nous irons ensuite sur un rond-point où il y a une grande statue afin de déguster nos breuvages :

Romain se fera agresser par ses amis les pigeons qui lui rendent bien la haine qu’il a pour eux :

Ensuite, l’heure sera aux activités de cirque, nous espérons pouvoir développer nos talents et en tirer profit afin de gagner un peu d’argent :

Malheureusement en ce qui concerne l’atelier jonglage, il y a encore du boulot :

Mardi 4 mars, place aux choses sérieuses. Nous louons une voiture, modèle Chevrolet Classic, on a échappé à la Gol proposée par pas mal d’agences et dont le nom pourrait prêter à faire des blagues vaseuses, mais ce n’est de toute façon pas notre genre.

Nous sommes passés par l’agence Cactus, et avons payé la voiture 450 pesos par jour auxquels nous avons ajouté 95 pesos par jour pour racheter la franchise. C’est le meilleur compromis que nous avons trouvé, nous avons droit à plusieurs conducteurs et au kilométrage illimité.

Voici la bête :

Et à la mi-journée, nous voici embarqués pour ce périple de 3 jours. De quoi mettre les troupes de bonne humeur :

Notre première destination est Cachi et c’est munis d’une vague carte des environs que nous naviguerons.

Nous arriverons rapidement dans des paysages très verts, avec des vaches made in Normandie.

Nous trouvons ensuite un endroit où manger. Sous les yeux d’un chien qui traîne dans les parages de manière totalement désintéressée, nous nous confectionnerons des sandwichs haut de gamme dont nous n’avons malheureusement pas d’images :

Puis nous repartons à bord de notre bolide, les paysages défilent :

Soudain Romain nous signale avoir vu une araignée traverser la route. Nous sommes impressionnés par ses yeux de lynx ! Après en y regardant de plus près, c’est surtout la taille de l’araignée qui impressionne…

Mieux vaut donc lever les yeux…

C’est très joli, mais on a plus l’impression d’être en Irlande qu’en Amérique du Sud, surtout que le panneau ne semble pas contractuel :

C’est pas grave, nous poursuivons notre chemin à la recherche des cactus…

Nous nous sommes engagés sur une route secondaire pleine de sable et de cailloux. Toujours pas de cactus en vue, mais les paysages ont changé, et c’est superbe :

Quelque chose s’est coincé sous la voiture ! Après inspection c’est juste une branche, rien de cassé. On espère ne pas tomber en panne ici, c’est quand même un coin sacrément paumé.

Enfin… il y a quand même un peu de passage, mais pas sûr qu’il soit mécano lui :

Nous finissons par rebrousser chemin pour revenir sur l’axe principal, on ne sait toujours pas où sont fourrés les cactus que nous cherchons. Au lieu de picoler, on aurait mieux fait de se documenter avant de partir.

Nous ferons une petite halte quelques kilomètres plus loin car nous avons aperçu des condors.

C’est quand même un peu plus gros qu’un moineau, non ?

La suite de la route nous réserve une bonne surprise. Peu après ce panneau indiquant de possibles traversées de lamas…

… nous trouverons enfin la vallée des cactus !

Il suffisait en fait de rester sur la route de Cachi, notre destination du jour.  Excités comme des gosses, nous allons les voir de plus près et constater qu’ils sont grands les bougres :

Cette grande vallée, très venteuse, est vraiment impressionnante, il y a des cactus à perte de vue.

Ensuite, nous subirons un contrôle de routine à l’entrée de Cachi. Pas de soucis, seul le permis de conduire international est demandé, ça tombe bien car Jez s’est fait voler son permis français il y a quelques mois en Inde…

Cachi est une petite ville sans intérêt particulier. Nous avons quand même remarqué que nous sommes sur la route des vins et que l’on trouve des caves à vin dans la région, on prend donc quelques renseignements à l’office du tourisme.

Puis, ça sera dîner sur la place principale, en compagnie des chiens qui sont représentés en nombre dans ce pays, il n’est pas rare de se promener en ville suivi par un toutou en manque d’affection. Là ils en veulent plus à notre nourriture, comme quoi ils ont du goût.

Après avoir bien ripaillé, nous nous éloignons de la ville afin de trouver un endroit au calme où poser la voiture (notre auberge). Au bout de quelques kilomètres, un champ non cultivé nous attendait. Pour se donner le courage de dormir dans la voiture, nous prendrons un petit remontant.

La voiture n’étant pas un monospace, le confort est somme toute assez rudimentaire :

Le lendemain matin, au réveil, nous aurons la chance de voir que nous avons garé la voiture face à des sommets enneigés et c’est vraiment classe :

Dans un premier temps, nous avons prévu de visiter le vignoble « El Molino » situé à quelques kilomètres de là où nous nous trouvons.

L’office du tourisme de Cachi nous a indiqué que ça ouvrait à 11 heures, nous sommes un peu en avance. A 11 heures, le portail s’ouvre… c’est le propriétaire qui sort, il nous indique par contre qu’il n’est plus possible de visiter son domaine (merci l’office du tourisme) et nous redirige vers un de ses collègue qui lui, fait des visites. Nous irons donc dans la bodega Mira Luna située à 5 minutes de voiture.

Cette toute petite exploitation familiale est située dans un cadre superbe. Nous aurons droit à une visite guidée, gratuite, mais sans dégustation. C’est dommage car ils nous ont expliqué que les conditions climatiques de la région font que leur vin est excellent, on aurait aimé vérifier !

On reprend donc la route vers Cafayate, où nous comptons dormir ce soir. Nous ferons un arrêt déjeuner dans un petit village assez fantomatique.

Sur la suite du trajet, nous voyons encore et toujours de superbes paysages :

Enfin Clara semble être un peu blasée de tout ça :

Pourtant le temps est juste parfait, les paysages se renouvellent toujours.

Nous roulons sur la mythique Ruta Nacional 40. Cette route fait plus de 5 000 km (plus longue que la Route 66) et va de la frontière avec la Bolivie jusqu’en Patagonie. On peut constater que nous avons déjà bien avancé puisque nous ne sommes qu’à seulement 4 411 kilomètres de la fin de la route. 

Ça nous promet encore de super trajets en bus pour arriver au Sud du pays ! Mieux vaut regarder le chemin déjà parcouru plutôt que ce qu’il nous reste à faire.

Nous traversons quelques villages qui envoient du rêve, difficile d’envisager de s’y installer.

En fin d’après-midi, nous arrivons à Cafayate. Nous y ferons une petite escale avant d’aller chercher un lieu où dormir. Le beau-temps aidant, il est agréable de déambuler dans cette ville.

C’est à quelques kilomètres de là que nous prendrons notre dîner, à la frontale. Pour agrémenter nos sandwichs, nous avons acheté du pâté de foie en conserve, c’est absolument immangeable !

On se console en regardant les étoiles, il faut dire que la visibilité est assez exceptionnelle.

Par contre, avec nos lampes on attire la faune locale. Pas de tarentules ou de scorpions, mais quand même des Mantes religieuses et un tueur en série :

On se paiera même le luxe de regarder le film « Le Prénom » avant de se coucher afin de peaufiner la culture cinématographique de Jez qui n’avait pas vu ce film.

Nous dormirons ensuite comme des bébés et nous réveillerons avec le chant du coq.

Encore une fois, le cadre au réveil est des plus appréciables, ça compense avec le confort.

Nous devons maintenant songer à retourner vers Salta. Dans un premier temps nous allons à Cafayate pour visiter le musée de la vigne et du vin (Museo de la Vid y el Vino – Cafayate).

Si le début de la visite ressemble à de la masturbation intellectuelle expliquant que le vin de la région est exceptionnel du fait des conditions (climat, altitude, eau, …), la suite de la visite est assez intéressante, il y a beaucoup d’explications, des photos, des machines…

Pour le déjeuner, on s’est offert le grand luxe de manger (et boire !) dans un restau :

Ouf, on a échappé aux sandwichs au pâté de foie.

Nous reprenons la route, mais comme notre circuit fait une boucle, nous tombons encore sur des nouveaux paysages.

Il y a de quoi être émerveillés. Nous croisons aussi un peu de vie…

Pour notre dernière nuit dans la voiture, nous décidons de nous poser près du lac Cabra Corral. Ce grand lac est situé un peu au Sud de Salta.

Après s’être trompés de route et retrouvés dans une propriété privée (route qui était sur notre super carte), nous arriverons malgré tout juste à temps pour admirer le coucher du soleil :

C’était tellement joli qu’on a même filmé :

Ce lac est aussi très prisé des pêcheurs, Romain est envieux.

Nous trouverons un endroit tranquille pour dîner et passer la nuit. Il y a même une table pour installer notre nourriture :

Le film du soir sera « Les 3 frères » dans le but cette fois de faire découvrir à Clara ce film qui fait partie de nos classiques.

Le 7 mars, nous nous levons aux aurores afin de rallier Salta avant la fin de matinée. Nous devons en effet rendre la voiture avant 11 heures. Tout se passera sans encombres. Nous avons vraiment adoré ce road trip, la voiture est vraiment un moyen de transport offrant beaucoup de libertés et qui n’est pas si cher quand on voyage à 3 et qu’on dort dedans. On avait pas spécialement prévu de rester aussi longtemps sur Salta et ses environs, mais on a vraiment pas regretté, quel bonheur de rouler au milieu de ces paysages majestueux.

Après une bonne douche, on est allés s’offrir une bonne grosse pizza (pour les garçons) et un délicieux morceau de viande pour Clara, de quoi se remettre du pâté de foie en conserve (on vous a déjà dit qu’il était infâme ?).

Le soir, nous avons un bus de nuit pour rallier Mendoza et sa fameuse vallée des vins. Ça tombe bien car ces derniers jours nous nous sommes bien échauffés en matière de dégustation de vins. Mais après 3 nuits dans la voiture, nous ne sommes pas forcément ravis de passer une nuit dans le bus.

Toutes les photos de Salta et de sa région sont dans la galerie consacrée à l’Argentine.

Si vous voulez lire cette histoire écrite par une plume féminine, consultez le blog de Clara.

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